Carnet Noir

CARNET NOIR

HOMMAGE A JEAN-PIERRE SOLEIHAVOUP

L’association des amis de l’Arboretum de Jouéou vient de perdre l’un de ses pères fondateurs, le professeur de biologie cellulaire, Jean-Pierre Soleilhavoup.

En mémoire de cet ami hors du commun, les membres du bureau de l’association ont souhaité témoigner de leur profond attachement en rédigeant cette lettre et lui exprimer également toute leur reconnaissance et leur respect.

 

Jean-Pierre, Jean-Pierre Soleilhavoup nous a quittés ! Nous en sommes restés pantois, tant nous estimions, malgré l’atteinte de son mal, qu’il était éternel.

Jean-Pierre, l’homme PROTEE dont nous étions les amis, est parti.

Nombre d’entre nous ont connus alors des instants proches du vide sidéral.

 

Et puis, très vite les souvenirs ont surgi, nos souvenirs, nos bibliothèques de la vie. Il y en avait tant, même pour ceux qui ne le connaissaient que de fraiche date.

 

Te rappelles tu avec quel enthousiasme tu nous as menés dans ton sillon. Te rappelles tu  combien tu t’es dépensé malgré les amorces de ton mal dont tu taisais le nom.

Tu pouvais tout faire, dans des domaines très différents, animé de cette formidable générosité qui guidait ton sens de l’aide fraternelle ou celui de ton amour du vivant… Tu avais ce don.

 

Te rappelles-tu lorsque tu as foulé pour la première fois le site de JOUEOU près de Luchon, sur lequel se morfondait l’œuvre de l’éminent botaniste Henri Gaussen ?

L’entomologiste, l’homme amoureux des papillons qui était aussi en toi, a alors parlé.

Tu as dit : « il faut faire revivre ce lieu ; c’est notre patrimoine que nous devons sauver. C’est un peu de ce que nous pourrons offrir demain à ceux qui jugeront sur ce que nous avons fait pour préserver la planète. »

 

Et alors tu t’es donné à fond pour redonner à l’Arboretum Henri Gaussen le lustre qui avait été le sien naguère. Ton appel a été entendu et une association est née, l’association « des Amis de l’Arboretum de Jouéou », tes amis. Tu es son lien, notre lien et nous prolongerons ton action, sois en certain. Chaque fois nous penserons à toi. « Aimez, tu disais, ce qui est beau »

 

Te rappelles-tu, enfin, ta dernière réunion de travail avec le bureau ? C’était à l’ancienne faculté de médecine de Toulouse où tu avais aussi enseigné. Nous avions eu droit à une visite guidée et privée.

Tu avais voulu nous faire découvrir, non, nous faire partager toute la richesse de ce lieu chargé d’histoire, ton histoire, celle de l’homme de science passionné. Nous t’avons suivi  jusque dans la bibliothèque où étaient rangés précieusement des ouvrages anciens de botanique ou d’entomologie et nous nous sommes émerveillés devant tant de beauté avec toi. Ce fut un privilège.

Nous ne savions pas que c’était la dernière fois que l’on te verrait… Alors comment veux-tu, qu’avec de pareils souvenirs, de pareils « livres » dans nos bibliothèques, nous sombrions dans le vide que laisse ta disparition. Non ! Tu es toujours vivant dans nos mémoires et dans nos vies.

 

Comment veux-tu que l’on oublie un garçon qui a toujours pris le contre pied de cet escogriffe de la pensée existentialiste qui recherchait sans jamais les trouver « les chemins de la liberté » et qui prétendait que l’enfer c’était les autres ».

Qu’en dis-tu Jean-Pierre ? Toi qui as toujours démontré que le « paradis c’était les autres ».

Toi, tu sais maintenant ce qu’il y a après ; tu sais certainement ce que Charles PEGUY appelait « le porche du mystère de la deuxième vertu ». Tu sais ce qu’est l’espérance.

Tu resteras dans nos cœurs à jamais.  Adios hombre ! Y hasta la vista !